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Eseja

La Lettonie est de nouveau proche

(Latvija atkal ir tik tuvu)

Distance

Il y a quelques années que je passais un mois à Gotland. Je travaillais à la Maison des Ecrivains de Visby. Pendant les pauses, j’errais dans les rues étroites de Visby qui rappellent beaucoup celles de la vielle ville de Riga. Au début du 13ième siècle ce fut justement l’évêque de Visby Albert qui commença la christianisation des pays baltes. Sans délibérer de la façon dont cela se passait, il faut insister sur l’essentiel – depuis ce temps-là, la Lettonie était integrée dans l’espace culturel et économique de l’Europe. Chez un antiquaire, en regardant la vitrine, j’eus envie de m’exclamer: mais ce sont des bijoux lettons! Les bagues anciennes, les bracelets et les broches étaient exactement les mêmes que dans n’importe quelle boutique des antiquités de Riga.

Le vendeur me posa la question traditionnelle – d’où êtes-vous?

– De Lettonie.

La réaction du vendeur réveilla mes soupçons et je lui posai la question à mon tour:

– Dites-moi franchement, vous savez où est la Lettonie?

Le vendeur répondit, qu’à parler franchement, il ne le savait pas précisément. Quelque part en Europe de l’Est! Oui, là-bas, assurément!

– – Mais savez-vous que de cet endroit où nous sommes, la distance jusqu’à la Lettonie est moins grande que jusqu’à votre capitale – Stockholm?

– Cela ne serait pas vrai, le vendeur riposta. Nous nous servîmes d’une carte. Effectivement! De la côte sud jusqu’à la frontière de la Lettonie il y avait un peu plus que 150 kilomètres.

– – Comment cela est-il possible? – le vendeur était stupéfait. Si peu?

C’est possible. Car la distance géographique et la distance psychologique sont deux choses différentes. Le vendeur de souvenirs de Visby n’est pas solitaire dans son hébétude. Beaucoup de gens en Europe de l’ouest ont l’impression que la Lettonie est très, très loin. Le rideau de fer qui avait créé cette distance s’est levé en réalité, mais ne s’est pas encore entièrement levé dans la conscience. Quand je faisais mes classes à l’école de l’époque soviétique, les manipulations avec la distance psychologique étaient fortement cultivées. Nous, les enfants, nous étions tout à fait convaincus que les républiques amicales soviétiques – la Kirghizie et l’Ouzbekhistan – étaient tout près, pendant que les pays des explatateurs des ouvriers et des impérialistes ennemis (comme Finlande, Danemark, Suède ou Luxembourg) étaient heureusement à une distance sécurisante. Enfants, soyez sûrs, l’armée soviétique vous garde!

J’étais l’enfant qui savait: la Sibérie était tout près, elle aussi. Mais – chut! Il était défendu de parler de la Sibérie! C’est la mère qui l’avait dit rigoureusement, c’est la grand-mère qui l’avait imploré en pleurant. C’était un secret terrible. Tous les hommes de notre famille avaient péri au Goulag. Ma famille avait passé 15 ans en Sibérie et avait survécu par miracle. J’y étais née. Il fallait cacher ce fait tant que possible pendant toute la période de l’occupation soviétique.

La Lettonie, où était – elle disparue?

C’est par pure coincidence qu’en écrivant ces lignes j’ai une invitation devant moi. Le 23 août, à Riga une manifestation vaste en commémoration de la voie de la Baltique aura lieu. Que les 15 années ont passé vite depuis le jour où les hommes des trois pays baltes (Lettonie, Lituanie et Estonie) se sont donnés la main, en formant une chaîne vivante à travers les territoires des trois pays! En même temps, plus de 22 millions d’hommes se solidarisèrent dans leur demande de la liberté. Cette manifestation unique fut nommée “La voie de la Baltique”.

Bien sûr, le 23 août n’est pas une date accidentielle. Le 23 août 1939, Stalin et Hitler (alors encore des alliés) signèrent un pacte secret où ils tombèrent d’accort sur le partage de l’Europe. La Lettonie fut accordée à Staline. Par ce pacte, la Lettonie européenne, démocratique et prospérante fut condamnée à mort.

Le 17 juin 1940, la République de Lettonie, pays souverain, membre de l’Union des Peuples fut occupée par des chars des communistes russes. Les personnes qui pouvaient déranger l’affermissement du régime totalitaire stalinien furent fusillés ou déportés. Pendant une seule nuit du 14 juin 1941, plus de 15 000 “ennemis du peuple” furent mis en vagons pour le bétail et emmenés vers la Sibérie. Entre eux, ma famille. La Sibérie était pourtant loin, car des milliers de personnes périrent déjà en chemin, de famine et de soif. Surtout les nourrissons. Les mères étaient forcées à les jeter tout simplement par la fenêtre. Une semaine après, les nazis allemands attaquèrent l’Union Soviétique. Ils venaient “libérer” la Lettonie des communistes. Les nazis exterminèrent les Hébreux de Lettonie et autres personnes “inutiles”. Quand la roue de la guerre passa de nouveau par le pays, les communistes “libérèrent” la Lettonie du nazi et renouvellèrent le régime d’occupation soviétique. La terreur contre les habitants de Lettonie continua. Le 25 mars 1946, encore 50 000 personnes furent deportées vers la Sibérie. Cette fois-ci, c’étaient généralement des paysans aux mains calleuses – de moyens et petits propriétaires des terres. Le reste fut traqués dans les kolkhozes, et la dégradation de la campagne lettonne commença. Beaucoup d’hommes de Lettonie quittèrent leurs maisons et devinrent des “maquis”. La résistance à l’occupation soviétique attendait l’aide de l’ouest. Personne ne croyait que le pouvoir soviétique allait persister longtemps. Le monde libre, dont la partie la Lettonie était ne le permettrait pas! Si. Il le permit. La Lettonie perdit dans ces événements tragiques, la guerre y compris, un tiers de sa population. La Lettonie disparut derrière le rideau de fer. Derrière ce rideau, le régime soviétique pouvait cacher ce qui se passait à l’intérieur. L’Ouest pouvait, à son tour, se sentir plus à l’aise sans le voir. C’était pourtant si loin! A distance des années de lumière de la civilisation, de la démocratie et de la sociéte humaniste. A 150 kilomètres de Gotland.

Vous prenez la voiture?

Il a fallu entendre mainte fois – calmez-vous enfin avec votre passé! Regardez vers l’avenir! Regardez en avant! C’est vrai. Quand vous prenez la voiture, vous regardez surtout en avant, avant tout dans le sens où vous allez. Mais votre auto est également équipée d’un accessoire sans lequel vous ne vous passeriez pas. C’est le rétroviseur. Il est juste au-dessus de vos yeux pour que vous puissiez voir ce qui se passe en arrière. Nous ne pouvons pas être participants fiables du trafic si nous n’avons pas de rétroviseur. Aucune manoeuvre correcte ne saurait être effectuée sans cela. Nous ne pouvons pas évaluer la situation sur l’autoroute, si nous n’avons pas de rétroviseur. Et il est possible de partager l’attention entre le passé, le présent et l’avenir. Plus encore– cela est nécessaire.

Si toi, honoré lecteur, tu auras passé au-dessus des lignes sur l’occupation de la Lettonie et la Sibérie, tu auras beaucoup plus de peine à comprendre la Lettonie d’aujourd’hui dans ses soucis et dans ses joies. Le fossé n’est pas exclu.

Le souci ou “le problème avec les Russes”

Evidemment, les maisons et les appartements ne restèrent pas vides. Hitler parlait de la nécessité de libérer “l’espace vital”pour les Allemands. Staline ne parlait pas, mais il agissait de la même façon. Les successeurs des idées staliniennes, surtout dans les annees 70 réalisèrent en Lettonie une politique typiquement colonisante. Par exemple, on construisit en Lettonie des usines bonnes à rien sous le seul prétexte d’importer la main d’oeuvre de Russie. En conséquence; cette politique fit apparaître deux communautés ethniques assez distantes, en parlant plus simplement – les communautés lettonne et russe. Aujourd’hui le souci de la Lettonie est l’intégration de cette société disparate sur la base des valeurs communes démocratiques. L’un des moyens de l’intégration est la langue de l’état commune. En Lettonie, c’est la langue lettonne. L’Etat finance un programme vaste d’apprentissage de la langue lettonne. La réforme de l’éducation prévoit qu’à partir du septembre, les écoles russes passeront au modèle où 60 % de disciplines seront apprises en langue de l’état, mais 40 % – en langue russe. Le 1er septembre le soit-disant “Etat-major de la défense des écoles russes” organise une manifestation de protestation des écoliers russes. Vous pourriez demander – contre quoi? Contre l’occasion d’apprendre la langue de l’état pour que les jeunes, ayant terminé l’école seraient concurrentiels sur le marché du travail et se sentiraient comme citoyens de Letttonie de plein pied? Quelqu’un ne le voudrait-il pas? serait la question logique. Pourtant on ne le veut pas. Ce sont les milieux égoïstes et ciniques politiques dont l’objectif est simple. En gardant les Russes de Lettonie dans un espace unilingue, les politiciens se préparent un électorat facile à manipuler, incarcéré dans la cage monolinguistique. Ce n’est pas seulement une question de politique intérieure. La Russie en tant qu’une puissance ne veut pas perdre son influence politique et économique en Lettonie. “Le problème des Russes”est une bonne carte sur le tableau de jeu global. Autrefois, “la Sibérie” était un grand secret. Actuellement il semble parfois qu’une attitude politiquement correcte transforme la question des Russes en Lettonie en un “grand secret”. Le rétroviseur est brisé. Les racines du problème sont ignorées. Avec la restauration de l’indépendence les Russes en Lettonie ont compris qu’ils sont monolingues. La plupart veut remédier à cette situation, une partie veut la conserver. Il serait erronné de penser qu’il s’agit seulement de la langue. Il s’agit également de la tolérence envers d’autres cultures, d’autre expérience, d’autre interprétation de l’histoire. Il s’agit d’une vision du monde démocratique qui est difficile d’associer avec l’isolement dans le ghetto linguistique. Tous les habitants de la Lettonie, independemment de leur nationalite, doivent vaicre beaucoup de stéreotypes de la société postsoviétique. Les Russes ont plus du mal, car leur espace d’information est toujours dominé par la Russie. Elle n’est pas encore prête à évaluer son expérience du 20-ième siècle et porter son jugement comme l’Allemagne l’a fait. depuis longtemps. Mais ce n’est qu’une question du temps.

Et maintenant une histoire véritable! Quelle serve d’illustration du problème et de pronostic optimiste.

Histoire de l’actrice A. et du DJ B.

Une actrice lettonne que je connais A. (reconnaissable par tous les Lettons dans la rue même en portant des lunettes de soleil) rencontre dans un restaurant un garçon russe B. Le gars B. russe tombe amoureux de l’actrice A. du premier coup d’oeuil. Mais le garcon B. ne reconnaît pas en jeune femme l’actrice A. Car il n’a vu aucun film avec sa participation, aucun spectacle, où elle joue souvent les rôles principaux. Car ce sont des films lettons et des spectacles lettons. L’amour s’avère réciproque. La surprise de l’actrice A est grande en apprenant que le garçon B. n’est pas un simple garçon, mais un DJ populaire de la radio russe (reconnaissable par tous les Russes dans la rue, même en portant des lunettes de soleil). Sauf par l’actrice lettonne A. qui n’écoute pas les émissions radio en russe et qui ne regarde pas les shows musicaux russes à la télévision. Autrement dit, ces deux jeunes gens sympathiques, vivant dans un pays, ont vécu chacun dans son espace d’information séparé, chacun clôturé par les limites de sa culture et de sa langue. Actuellement ils sont mariés. Le garçon russe B. fréquente des spectacles lettons, mais l’actrice lettonne A a découvert des programmes russes à la radio lettonne.

La joie et les espérances

La joie de la Lettonie est de rentrer en Europe. Rentrer où elle avait été. Renouveler l’économie, mettre en oeuvre la démocratie. Les Lettons se sont toujours identifiés comme une nation européenne. Serait-il possible autrement? La capitale de la Lettonie Riga est membre des villes hanséatiques depuis le 13-ième siècle. Riga est une des plus belles villes européennes. A côté du vieux Riga, construit au moyen âge, s’élève le Riga du début du 19-ième siècle, quand, étant une ville portuaire riche, Riga pouvait se permettre de construire des immeubles dans le style luxueux de l’art nouveau. Aujourd’hui on appelle Riga métropole de l’art nouveau. Riga change à chaque jour, à chaque heure. Elle reçoit des traits modernes, tout en conservant et en restaurant le visage ancien de la ville. Venez et assurez-vous en! De plus en plus d’Européens le font déjà. Visitez la Lettonie. Elle est de nouveau proche.

Tulkojusi Astra Skrābane

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