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Poetry

1997, Fragments no: La líttérature lettone au 20e síècle. Nordik

RIGA DANS L’EAU

Dans l’eau. Dans l’eau
guides et touristes, murs et musiciens,
chevaliers, DJ’s ,
pavés et bitume,
tours d’églises, égouts, et aussi Internet,
punks et porte-glaives,
nonnes et noctuelles –
tous dans l’eau. Dans l’eau
bastions et orgues,
guildes, hôtels de ville, dômes et moniteurs,
Coures, guerres, chorales et cimetières,
marchés, ponts, chars et clavecins,
banques, bourreaux, panique et liberté,
remparts, marchands, digues et dunes,
mâts de navires et de l’eau –
tout dans l’eau.
i
“Riga est une régularité anthropogéographique”
une encyclopédie bougonne,
mais moi, je dis :
la chose essentielle ici
c’est la respiration,
car
Riga est dans l’eau.
Riga, elle-même, est dans l’eau.
Riga, elle-même, est dans l’eau.
Dans l’eau, dans l’eau.

Les siècles se noient comme une hache.
On tue le temps, on le jette dans l’eau.
Ceux qui la puisent sont dans l’eau,
ceux qui la versent sont dans l’eau.
Tous les becs – comme toujours – dans l’eau.
L’automne vient.
L’éternité signe dans l’eau.
L’eau.
C’est pourquoi je dis :
Le plus important ici
c’est de respirer.

Respiration – le vent dans la tête d’une jeune poétesse,
respiration – le vent dans la danse des jupes flottantes,
le vent – dans les portes tournantes des salles de concerts,
le vent dans les glottes, les cordes vocales, les sons
vocaliques,
les voyelles, les rimes,
le tremblement des timbales,
dans le tintement des trejdeksni.
dans le cliquetis des palatales – le vent –

le vent naissant dans les applaudissements des théâtres.
Le souffle dans les cors anglais, dans les harmonicas
russes,
dans les pompiers, les chanteurs, joueurs pour toujours…
La musique, la musique – le vent –
dans les rideaux des opéras, dans les trombonnfes et les
cornemuses
(pas très bonnes, elles trombonnent !),
dans les pipeaux d’osier, les clairons, les trompettes,
les complaintes et les jubilations,
dans les châteaux et les portails – le vent –
la respiration, l’âme, le souffle.
L’esprit soufflant sur les eaux.
Les poumons comme la chorale de la Fête des chants.
Les branchies comme la soufflerie de l’orgue du Dôme.
Les branchies comme un souffle
fou à travers les déperditions séculaires.

“Riga est une régularité anthropogéographique.”
Mais je sais moi :
La chose la plus importante ici
c’est la respiration,
car
l’automne est de retour.
L’éternité signe dans l’eau :
L’eau.
Tout autour des buttes de sable.
Du sable vivant.
Riga – elle-même – est dans l’eau.
L’eau vive.

Riga en vie.

UNE RENCONTRE RETRO

Ne me racontez pas
comme avant des balivernes,
et ne vous attendez pas
à des guirlandes de rire de moi.
Comme un vin amer dans votre verre je me verserai
j’irai alors me recueillir et je vous sourirai.

Et les bijoux –
la probité, l’honneur –
ne me les sortez pas,
n’allez pas m’embrouiller la vie.
Comme un vin amer dans votre verre je me verserai
j’irai alors me recueillir et je vous sourirai.

Je vais jouer avec la bague à mon doigt.
Je n’irai pas vous appeller, et je n’irai pas vous chasser
j’irai alors me recueillir et je vous sourirai.

* * *

Nous n’avons plus de Voie lactée,
à mes enfants il fallait
du lait à mettre sur toute chose.

La Lune, ma triste contemporaine,
vient à ma rencontre, sévère et solitaire,
et ne me répond plus quand je lui dis, mais non,
mais non, ma petite, reste seule maintenant
au bord du fossé du ciel.

L’étoile dont nous nous sommes méfiés – toi et moi-
qu’elle ne vienne pas trop près,
je n’y aspire plus. Car toute chaude et claire
je l’ai accrochée à mon arbre de Noël.

Elle mordille silencieuse un brin d’herbe brillant
et me regarde longuement.
Je la regarde plus longuement encore.

* * *

Tu irais plus loin encore
si tu ne devais pas
tracer en marchant ta route en même temps.

Tu porterais plus encore
si dans une main
tu ne devais pas tenir le sabre.

Tu volerais plus haut encore
si tu ne devais pas chaque matin
partir à la recherche de tes ailes volées.

* * *

Quand le Père du ciel et la Mère de la terre se séparèrent
j’étais encore petite
et c’est avec la Mère qu’on me laissa.

Quand le Père du ciel et la Mère de la terre se séparèrent
nous tous, c’est avec la Mère qu’on nous laissa.
Et comme c’est l’usage dans les familles divorcées
Le Père venait nous voir (mais seulement en rêve),

et par les nuits d’automne, au réveil des étoiles,
je le soupçonne d’être venu en cachette
et de nous avoir observés avec ses yeux clairs de rayons.

Mais dans une rancune d’enfant
nous reniions le Père
et cachions à la Mère
que c’est au Père que nous pensions.

Et nous nous défendons toujours
de penser au Père.

* * *

Aujourd’hui le monde est fermé.
Tu peux passer chez moi pour un peu.
Peut-être que je te servirai du thé, un peu,
Moi, aujourd’hui, je ne suis pas fermée.

Aujourd’hui, comme le monde est fermé,
Passe me voir, moi. Tu n’as pas où aller.
Peut-être même que je t’aimerai un peu.
Et seulement aujourd’hui, seulement un peu.

Je pleurerai peut-être un peu.
Et seulement aujourd’hui, seulement un peu.

Traduit du letton par Astra Skrābane

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